Une ville est un espace règlementé, policé, normalisé. Elle ne laisse place à l’initiative qu’encadrée, à l’art que dans les musées. Là où la ville et l’urbanisme sont maitres, il n’est aucune place pour la liberté.
La ville a été créé pour dégager l’homme de son état naturel, et n’a pourtant réussi qu’à l’emprisonner un peu plus.
Elle a cependant fini par échapper à son instigateur, et comme muée par une volonté propre, elle ouvre des espaces en son sein où revient le chaos, comme une loi universelle.
Et ce n’est qu’au sein de ce chaos que l’homme retrouve une liberté, qu’au sein de ce vague terrain qu’il réapprend à être lui-même, en dehors des contraintes de sa vie. Et curieusement, dans ses ouvertures béantes au sein de sa construction, ce n’est pas à l’injustice que l’être humain se livre. Il se réapproprie sa créature par l’imagination, et "transsubstancie" son habitat.
La ville est vivante. Les artistes en sont les artères.

