Le 9 mai 2005.
Les lois Aubry sur la réduction du temps de travail en 98 avaient pour objectif de générer des emplois. Dans les faits, les entreprises ont surtout créé des emplois précaires, ne faisant régresser le chômage qu’artificiellement. Par contre, la création des RTT et une modularité accrue du temps de travail ont permis aux Français de redécouvrir une société de loisirs, et d’apprendre à gérer leur temps différemment. Cette société de loisirs, initiée avec le Front Populaire en 36, qui avait fixé le temps de travail à 40 heures, est un des leitmotiv du socialisme. Le premier acte significatif de François Mitterand en devenant Président en 81 a d’ailleurs été de réduire encore ce taux à 39 heures.
« Pouvoir travailler plus »
La France compte l’un des temps de travail moyen les moins élevés d’Europe, et surtout l’un des moins modulaires. En Angleterre, par exemple, les femmes travaillent en moyenne 33 heures, les hommes pouvant travailler jusqu’à 60 heures par semaine. (source : libres.org)
C’est pourquoi l’UMP revient sur cette loi, pour laisser aux travailleurs « la liberté de travailler plus ». Nicolas Sarkozy présente cette réforme comme la possibilité laissée aux Français d’augmenter leurs revenus, et ainsi de consommer plus. Pierre Morange, rapporteur UMP, précise que ces dispositions « constituent un élément de souplesse supplémentaire et non une remise en cause des 35 heures ». Cependant, le parti socialiste, et à sa tête François Hollande, objecte que « faire croire aux Français qu’en travaillant plus, ils vont gagner plus » est « un mensonge ». En effet, les heures supplémentaires ainsi générées bénéficieront d’une majoration se limitant à 10%, au lieu des 25% attendus.
Dans la même ligne, la réforme de l’enseignement en cours tend vers une modularité du travail des professeurs parfois exagérée. Celle-ci a notamment pour effet de faire remplacer des professeurs absents par des professeurs d’un même établissement plutôt que de faire appel à des remplaçants. Belle idée si, du coup, cela ne faisait exploser leur temps de travail.
Une réforme de forme ?
Dans les faits, les entreprises et les français sont peu concernés par ces réformes. D’une part, les entreprises de plus de vingt salariés ont passé beaucoup trop de temps à négocier le passage aux 35 heures pour revoir leurs textes d’application maintenant. D’autre part, un récent sondage montre qu’une grande majorité de Français souhaitent maintenir les 35 heures. Ce débat semble plus être une bataille idéologique qu’une réelle alternative.


